12 juillet 2026 · 7 min
Combien avez-vous cotisé pour votre retraite ? (calcul 2024)
Découvrez comment estimer vos cotisations retraite en France, avec les taux 2024 CNAV et AGIRC-ARRCO, un exemple à 35 000 € par an et les données à vérifier sur votre RIS.
Pourquoi connaître vos cotisations retraite ?
La plupart des actifs savent à peu près combien ils gagnent aujourd’hui, mais beaucoup ignorent combien ils ont déjà versé pour leur retraite. C’est pourtant une information précieuse. Elle permet de comprendre où part une partie importante de la rémunération, de vérifier que les droits ont bien été enregistrés et de mieux anticiper la pension future.
Quand vous cherchez « combien ai-je cotisé pour ma retraite » ou « cotisations retraite calcul », la réponse ne tient pas dans un seul pourcentage. En France, un salarié du privé cotise principalement à deux étages : le régime de base, géré par l’Assurance retraite, et la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO. Ces deux régimes ne calculent pas les droits de la même manière, mais ils s’appuient tous les deux sur les salaires soumis à cotisations.
Connaître le montant cotisé ne signifie pas connaître exactement sa future pension. Une cotisation versée n’est pas une épargne individuelle stockée à votre nom : le système français fonctionne majoritairement par répartition. En revanche, vos salaires, vos trimestres et vos points servent à déterminer vos droits. C’est pour cela qu’un calcul de cotisations retraite est utile : il donne un ordre de grandeur, puis il invite à vérifier les données officielles.
Les deux grands régimes : CNAV et AGIRC-ARRCO
Pour un salarié du secteur privé, le premier étage est la retraite de base. Elle relève du régime général, souvent appelé CNAV ou Assurance retraite. Les cotisations vieillesse comprennent une partie plafonnée, appliquée jusqu’au plafond annuel de la Sécurité sociale, et une partie déplafonnée, appliquée sur toute la rémunération. En 2024, les taux de retraite de base du régime général sont de 6,90 % côté salarié et 8,55 % côté employeur sur la part plafonnée, puis de 0,40 % côté salarié et 2,02 % côté employeur sur la totalité du salaire.
Le deuxième étage est la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO. Elle concerne les salariés du privé, cadres comme non-cadres. Son principe est différent : les cotisations permettent d’acquérir des points. Au moment du départ, le nombre de points est multiplié par la valeur de service du point pour obtenir une pension complémentaire annuelle.
Dans les deux cas, il faut distinguer ce que vous voyez sur votre fiche de paie et le coût complet. La part salariale est retenue sur votre brut. La part employeur est payée par l’entreprise en plus de votre salaire brut. Pour mesurer l’effort total versé au système de retraite au titre de votre emploi, il faut additionner les deux.
Taux salarié, taux employeur, PASS et tranches : comment ça marche ?
Le calcul dépend d’abord du plafond annuel de la Sécurité sociale, souvent abrégé PASS. Pour 2024, il s’élève à 46 368 € par an, soit 3 864 € par mois. Ce plafond sert à découper certaines cotisations. Si votre salaire annuel brut est inférieur au PASS, toute votre rémunération se situe dans la première tranche. Si votre salaire dépasse le PASS, la partie au-dessus peut relever d’autres règles.
Pour la retraite de base CNAV, la formule simplifiée est la suivante :
- Cotisation plafonnée = salaire retenu dans la limite du PASS × 15,45 % au total, soit 6,90 % salarié + 8,55 % employeur.
- Cotisation déplafonnée = salaire total × 2,42 % au total, soit 0,40 % salarié + 2,02 % employeur.
- Total CNAV = cotisation plafonnée + cotisation déplafonnée.
Pour l’AGIRC-ARRCO, les taux obligatoires 2024 s’appliquent par tranches. La tranche 1 couvre le salaire jusqu’à un PASS. La tranche 2 couvre la part comprise entre 1 et 8 PASS. Les taux contractuels sont appelés à 127 %, ce qui donne des taux de cotisation effectifs de 7,87 % en tranche 1 et 21,59 % en tranche 2. À cela s’ajoutent des contributions d’équilibre, comme la CEG, qui financent le régime mais n’ouvrent pas toutes les mêmes droits à points.
Cette architecture explique pourquoi deux salariés avec le même salaire net peuvent avoir des cotisations retraite différentes selon leur statut, leur niveau de brut, les règles conventionnelles de leur entreprise ou les périodes de carrière. Pour une estimation rapide, il faut donc partir du salaire brut annuel et séparer clairement retraite de base et complémentaire.
Exemple : salarié médian à 35 000 € par an pendant 35 ans
Prenons un exemple volontairement simple : un salarié du privé gagne 35 000 € brut par an pendant 35 ans. Son salaire reste sous le PASS 2024. Toute sa rémunération est donc en tranche 1 pour l’AGIRC-ARRCO et dans la limite du plafond pour la cotisation vieillesse plafonnée.
Pour la CNAV, le calcul annuel donne :
- Cotisation plafonnée : 35 000 € × 15,45 % = 5 407,50 €.
- Cotisation déplafonnée : 35 000 € × 2,42 % = 847 €.
- Total retraite de base : 6 254,50 € par an, part salarié et employeur réunies.
Pour l’AGIRC-ARRCO, en se limitant au taux de retraite complémentaire de tranche 1 appelé à 7,87 %, le calcul donne :
- Cotisation complémentaire : 35 000 € × 7,87 % = 2 754,50 € par an.
Dans cet exemple, le total retraite annuel atteint donc environ 9 009 € avant contributions complémentaires d’équilibre et particularités d’entreprise. Sur 35 ans, cela représente près de 315 315 € de cotisations retraite versées au titre de cet emploi, en euros courants et à salaire constant.
Ce chiffre doit être lu avec prudence. Il ne correspond pas à un compte personnel disponible. Il additionne des cotisations dans un système collectif, sans revaloriser les salaires, sans intégrer les changements de taux passés, sans chômage, primes variables, temps partiel ou hausses de rémunération. Mais il donne une intuition forte : même avec un salaire moyen, les montants versés à la retraite au cours d’une carrière sont considérables.
Comment retrouver vos vraies données ?
Le bon réflexe consiste à consulter votre relevé individuel de situation, le RIS, sur le portail officiel info-retraite.fr. Ce document rassemble les droits connus par les régimes auxquels vous avez cotisé : trimestres, revenus reportés, points de retraite complémentaire et périodes prises en compte.
Sur votre RIS, vérifiez en priorité :
- Les années travaillées et les éventuelles années manquantes.
- Les revenus retenus par le régime de base.
- Le nombre de trimestres validés chaque année.
- Les points AGIRC-ARRCO acquis pendant les périodes salariées.
- Les périodes particulières : chômage indemnisé, maladie, maternité, service national, expatriation ou temps partiel.
Cette vérification est indispensable, car une erreur de carrière peut modifier votre estimation de pension. Une année absente, des points complémentaires incomplets ou un salaire mal reporté peuvent réduire artificiellement vos droits. Le calcul théorique des cotisations retraite aide à comprendre les ordres de grandeur, mais le RIS reste la source à confronter à votre situation réelle.
Comment utiliser ce calcul pour piloter votre retraite ?
Une fois vos données récupérées, vous pouvez passer d’un montant de cotisations à une vraie simulation. L’objectif n’est pas seulement de savoir combien vous avez payé, mais de comprendre ce que cela produit : pension de base estimée, pension complémentaire, âge légal, taux plein, décote éventuelle et impact d’un départ plus tardif.
C’est aussi le moment de tester plusieurs scénarios. Une carrière complète à 35 ans de cotisations n’a pas le même résultat qu’une carrière avec interruptions. Un salaire sous le PASS ne génère pas les mêmes points qu’un salaire au-dessus. Et quelques trimestres supplémentaires peuvent changer à la fois la retraite de base et la complémentaire.
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En quelques minutes, vous pouvez comparer vos hypothèses, visualiser l’impact de votre âge de départ et mieux comprendre la part CNAV et la part AGIRC-ARRCO de votre future pension. Le calcul manuel donne un ordre de grandeur ; le simulateur Silvra vous aide à passer à une décision plus claire.